Le loup mal-aimé d’Intermarché : et si la Bible l’avait déjà réconcilié ?


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Du conte publicitaire à la vision du Royaume

› La publicité d’Intermarché mettant en scène un loup « mal-aimé » a visé juste. Elle a touché très largement. Et si ce succès disait quelque chose de plus profond que l’efficacité d’un récit publicitaire ?

Cette publicité d’Intermarché sur le loup mal-aimé a suscité de nombreuses réactions et interrogations sur le sens de ce récit. Elle reprend un imaginaire ancien — celui du conte mettant en scène un loup — et le retourne : le loup n’est plus seulement la bête féroce qui incarne le mal auprès des petits. Humanisé, il devient une figure rejetée, incomprise, presque victime du regard des autres et des préjugés qui empêchent les relations vraies. Beaucoup s’y reconnaissent. Et beaucoup ont été émus.

Mais si cette histoire nous parle autant, c’est peut-être parce qu’elle réveille quelque chose de plus profond encore. Une espérance fondamentale, une promesse qui ne vient pas d’un conte moderne, mais de la Bible. Elle ne fait pas du loup un héros incompris, mais elle annonce un monde – encore à venir – où la réconciliation s’étendra à toute chose.

Le loup : une image que la Bible n’édulcore pas

Dans les Écritures, on ne trouve pas d’adoucissement de la figure du loup, il garde son image courante. Le loup et l’agneau ne font pas bon ménage, la Bible le sait comme tout le monde. Cet animal féroce reste une figure de la menace, de la violence, du danger mortel.

Jésus lui-même avertit : « Méfiez-vous des faux prophètes : ils viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces » (Mt 7,15). Et encore, alors qu’il envoie ses disciples en mission et les prévient des difficultés : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » (Mt 10,16).

Les prophètes et les Actes des Apôtres parlent également du loup qui disperse, qui dévore, qui ravage le troupeau (Ez 22,27 ; Ac 20,29).

La Bible ne nie donc pas la férocité du loup. Elle ne demande pas de croire innocemment qu’il serait inoffensif. Elle regarde la violence du monde en face. En cela, elle est peut-être plus réaliste que bien des récits contemporains : le mal est le mal, et il est là.

La Bible annonce une autre réalité : la création réconciliée

Toutefois, la Bible nous fait entrevoir une autre réalité. Elle donne corps à une grande espérance, celle d’un monde libéré du mal, un monde sans barrière qui vivrait dans une paix universelle.

Au cœur de l’Ancien Testament, le prophète Isaïe ose une parole prophétique très audacieuse, qui annonce une terre renouvelée : « Le loup habitera avec l’agneau…Il ne se fera ni mal, ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme la mer que comblent les eaux… le loup et l’agneau paîtront ensemble » (Is 11,6-9 ; 65,25).

Ce texte n’est pas un conte. Il n’explique pas que le loup serait « gentil au fond » et que ce n’est pas de sa faute s’il doit chasser pour manger. Cela est vrai pour le loup humanisé de la publicité d’Intermarché, et cette vérité n’est finalement pas moins biblique : Dieu ne condamne jamais un homme définitivement, aucun n’est totalement mauvais, tout homme a le droit d’être compris.
Mais Isaïe parle d’autre chose, il annonce une création réconciliée.

Dans cette prophétie, le loup ne disparaît pas, et l’agneau ne reste pas seul, en héros innocent. Aucune barrière ne les sépare dans deux enclos pour éviter les rencontres difficiles. Non, ils partagent le même pâturage. Il n’y a donc aucune négation du réel, mais la promesse d’un réel transfiguré.

Isaïe parle d’un temps messianique : un monde sauvé, non par la domination des uns sur les autres, non par la disparition pure et simple des méchants, mais par une paix plus profonde que la peur, une paix qui ne laisse plus de place au mal. En effet, le salut ne détruit personne, il supprime le mal.

Du conte à l’annonce de salut

La publicité d’Intermarché raconte, à sa manière, une histoire de réhabilitation : et si le loup n’était pas celui qu’on croit ? Et s’il pouvait se transformer lui-même si on le lui demandait ?

La Bible va plus loin : et si le monde n’était pas condamné à rester violent ? Et si on lui donnait une force de transformation ?

La différence, apparemment mince, est essentielle. Le conte réconforte, invite à changer de regard et à laisser une chance à l’autre. C’est beaucoup. Mais l’annonce biblique va au-delà : elle espère contre toute évidence en un monde fondamentalement transformé, transfiguré grâce à l’action divine.

Elle ne dit pas : « Fais confiance au loup » ni même « aide-le à changer ». Elle promet : « Un jour, tu n’auras plus besoin de t’en méfier. Un jour Dieu transformera et apaisera tout. »

Le salut biblique ne promet pas un monde sans conflits par évitement, mais un monde d’où la violence a totalement disparu. Cet accomplissement sera manifesté au paradis. Mais déjà la violence n’a plus le dernier mot, la peur ne règne plus sur les relations, car Dieu est là et Jésus a sauvé le monde.

Le Nouveau Testament : la création tout entière en attente

Le Nouveau Testament reprend cette espérance, sans reprendre l’image du loup, mais en l’élargissant à toute la création.

Saint Paul écrit : « La création attend avec impatience… elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption » (Rm 8,19-22).

La violence du monde, les souffrances et les désordres de tout l’univers créé ne sont pas ignorés. L’Écriture les reconnaît comme une blessure. Mais celle-ci n’est pas définitive et une espérance règne.

Et Paul va jusqu’à dire que, dans le Christ, Dieu a voulu « réconcilier tout avec lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix » (Col 1,20).

Ce salut n’est pas seulement intérieur et il ne concerne pas seulement les âmes. Il touche le monde, la matière, les relations, l’entièreté de la Création. Nous attendons sa pleine manifestation.

Pourquoi cette promesse nous touche encore

Si l’histoire du loup mal-aimé d’Intermarché nous émeut, c’est sans doute parce que nous sentons confusément que notre monde a besoin d’être transformé, mais qu’il faut plus qu’un changement de regard. Il a besoin du salut.

La Bible n’écrit pas un conte rassurant sur un monde qui aurait besoin de très peu pour changer. Elle annonce une espérance immense : celle d’une création réconciliée, une terre nouvelle. Et cela ne peut venir que de Dieu. Depuis la Résurrection, cette transformation est déjà à l’œuvre, lentement, silencieusement, pauvrement, mais réellement partout là où Dieu trouve un cœur accueillant à sa bonté.

Et peut-être que, derrière une publicité contemporaine, c’est cette promesse, ancienne mais toujours nouvelle, qui continue de murmurer en nous.

L’Espérance de Noël racontée par l’étoile vous permettre de poursuivre cette réflexion sur l’espérance.


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